« Le Joué est le contrôleur idéal, mais c’est aussi un véritable instrument »

« Le Joué est le contrôleur idéal, mais c’est aussi un véritable instrument »

juillet 18, 2019

Rencontre avec Christophe van Huffel, guitariste

 

Christophe van Huffel est guitariste et collaborateur de longue date du chanteur Christophe. Féru de home studio et grand utilisateur de synthés, séquenceurs et autres sons MIDI, il a été l’un des premiers musiciens professionnels à adopter le Joué. Il nous raconte son expérience.

Comment es-tu entré en contact avec Joué pour la première fois et quelle a été ta première impression de ce nouvel instrument ?

    Il y a deux ans, j’ai fait une masterclass au festival Yeah! à Lourmarin pour  présenter mon travail, et Joué était l’un des exposants. Je passais devant eux tous les jours, c’est comme ça que j’ai découvert leur machine qui m’a beaucoup intrigué, car c’est un objet étonnant. Comme je suis guitariste, j’ai tout de suite essayé le module guitare, et ça m’a immédiatement plu. D’ailleurs la toute première fois que je l’ai essayé, j’ai instinctivement mis le module contre mon ventre, comme une guitare, et ça fonctionnait très bien comme ça. Et puis un peu plus tard, j’étais en concert avec Christophe à Bordeaux, la ville où se trouvent les bureaux de Joué, et ils m’ont appelé pour me proposer de m’en apporter un. C’était au tout début de la production, quasiment encore un prototype. J’étais comme un gamin avec son nouveau jouet !

    « La première fois que j’ai essayé le Joué, j’ai instinctivement mis le module contre mon ventre, comme une guitare. »

    Et comment as-tu intégré le Joué dans ton setup habituel ?

    Il se trouve que j’ai l’habitude de travailler avec des machines, donc la prise en main du Joué pour moi a été très rapide. J’ai un studio à la maison qui est hybride, entre analogique et numérique – j’aime beaucoup le vintage, mais j’aime aussi les nouvelles technologies. J’ai donc tout de suite beaucoup utilisé le Joué en studio, et récemment je l’ai intégré aussi en live. J’apprécie beaucoup sont côté intuitif, l’accès rapide qu’il permet. En plus, ils viennent de sortir une fiche qui permet de piloter n’importe quelle interface MIDI, c’est formidable, ça marche avec tout, c’est vraiment ‘plug and play’.

    Studio d'enregistrement de Christophe Van Huffel accompagné du Joué

    Tu utilises le Joué pour commander des synthés. Concrètement, comment est-ce que ça marche et qu’est-ce que ça change pour toi?

    La première chose, c’est le format. Le Joué est super à prendre en voyage, c’est le contrôleur idéal. Il a sa petite housse, tu mets les modules avec, et hop, tu l’emportes partout avec toi, avec ton ordinateur. On peut même travailler dans le train, ce qu’il m’est arrivé de faire ! C’est vraiment le contrôleur nomade idéal. Avant, j’utilisais surtout des claviers et des pads ; avec le Joué, l’approche est complètement différente.

    « Le Joué, c’est le contrôleur nomade idéal. Je m’en sers même dans le train ! »

    Et en plus de son côté pratique, qu’est-ce qui te plaît le plus dans le Joué ?

    Pour commencer, avant toute chose, je suis un amateur de design. Avant d’essayer un instrument, j’aime que son aspect esthétique me plaise. Le Joué, je l’ai trouvé formidable tout de suite, parce que c’est un très bel objet. Du coup, sur scène, je suis fier d'avoir des instruments "racés". D’ailleurs, je voudrais faire un plan incliné vers le public pour que les gens le voient mieux quand je joue. L’idée m’est venue lors du dernier live que j’ai fait, les gens ne voient pas ce que je fais donc ils ne comprennent pas ce que je fais, comme quand tu regardes un musicien derrière son ordinateur.

    Tu es aussi depuis peu l’heureux utilisateur d’un prototype du Grand Fretboard : là aussi, peux-tu nous raconter de quelle façon tu t’en sers ?

    J’ai plusieurs applications, mais ce que j’aime faire le plus, c’est l’utiliser avec des sons de guitare que je passe dans mon pédalier et mon ampli, tout simplement. Dans ma tête, je fais une transposition assez évidente entre le manche de ma guitare et le Joué, même si la gestuelle est un peu différente. La guitare, j’en joue debout ou assis mais toujours en bandoulière, alors que le Joué j’en joue à plat. Mon idée à l’avenir serait de développer un modèle qu’on puisse porter avec une sangle, avec un grand manche (comme une sorte de Chapman Stick), d’ailleurs je leur en ai parlé à Joué. J’ai fait un live avec le Grand Fretboard à plat, et ça a de la gueule. Quand je passe de la guitare au fretboard, ça fait un certain effet dans le public ; quand je plaque des accords de guitare sur le fretboard, les gens sont un peu interloqués, ils se demandent comment j’arrive à avoir ce son de guitare avec cet instrument numérique. Actuellement, en concert, je n’utilise que le Grand Fretboard. 

    « En concert, quand je passe sur le Joué, ça fait un certain effet ; les gens se demandent comment j’arrive à avoir ce son de guitare avec cet instrument numérique. »

    Le Joué est un objet haut de gamme, fabriqué avec un souci d’éthique et de durabilité. Est-ce que cela change quelque chose pour toi ?

    J’aime qu’il soit fait avec des matières nobles et un design soigné, ça compte beaucoup et ça en fait un véritable instrument, pas juste un contrôleur MIDI. Et au-delà de l’objet lui-même, tout va de pair. Avec l’équipe de Joué, j’ai aimé le contact humain que nous avons eu, c’est très important pour moi. Des exposants, il y en a partout, mais avec eux j’ai discuté avec des musiciens, et pas uniquement des fabricants. Quand on utilise Joué, on sent tout de suite que c’est un instrument qui a été développé par des musiciens et des ingénieurs main dans la main : l’ergonomie, la conception, la façon dont l’éditeur a été programmé…

    Enfin, quand tu expliques à quelqu’un ce que t’apporte le Joué, quel aspect est-ce que tu mets en avant ?

    En fait, je n’explique quasiment rien. Je mets l’objet entre leurs mains et ils font leur expérience tout seul. C’est ça Joué : il n’y a rien à expliquer, il faut laisser les gens se débrouiller avec. On le voit sur les salons quand ils font des démos, les gens viennent et en deux minutes ils s’éclatent avec. C’est un instrument qui n’a pas été développé uniquement pour les professionnels, c’est l’un de ses avantages, il est attrayant et abordable par tous. En plus, la sensibilité est parfaite, l’aftertouch, la vélocité, etc. ; on a vraiment des sensations formidables.

    « Quand je montre le Joué à des gens, je leur mets entre les mains et ils font leur expérience tout seul. C’est ça Joué : il n’y a rien à expliquer. »

    Interview par Patrick Haour